Si nous analysons les principes de la pensée sur lesquels la magie est basée, ils se trouveront probablement à se résoudre en deux: d'abord, que semblable produit comme, ou qu'un effet ressemble à sa cause; et, deuxièmement, que les choses qui ont été en contact l'une avec l'autre continuent à agir l'une sur l'autre à distance après que le contact physique a été rompu. Le premier principe peut être appelé la loi de similitude, le second la loi de contact ou de contagion. Du premier de ces principes, à savoir la loi de similitude, le magicien infère qu'il peut produire n'importe quel effet qu'il désire simplement en l'imitant: de la seconde il déduit que quoi qu'il fasse à un objet matériel affectera également la personne avec qui L'objet était une fois en contact, qu'il fasse partie de son corps ou non. Les charmes basés sur la loi de similitude peuvent être appelés homéopathie ou magie imitative. Les charmes basés sur la loi de contact ou de contagion peuvent être appelés magie contagieuse. Pour désigner la première de ces branches de la magie, le terme homéopathique est peut-être préférable, car le terme alternatif imitatif ou mimétique suggère, s'il n'implique pas, un agent conscient qui imite, limitant ainsi trop étroitement la portée de la magie. Car les mêmes principes que le magicien applique dans la pratique de son art sont implicitement crus par lui pour régler les opérations de la nature inanimée; en d'autres termes, il suppose tacitement que les lois de la similitude et du contact sont d'application universelle et ne sont pas limitées aux actions humaines. En résumé, la magie est un système parasite de la loi naturelle ainsi qu'un guide de conduite fallacieux; c'est une fausse science aussi bien qu'un art avorté. Considéré comme un système de loi naturelle, c'est-à-dire comme une déclaration des règles qui déterminent la séquence des événements à travers le monde, on peut l'appeler Magie Théorique: considéré comme un ensemble de préceptes que les êtres humains observent pour atteindre leurs fins , cela peut s'appeler Magic Pratique. En même temps, il faut garder à l'esprit que le magicien primitif ne connaît la magie que sur le plan pratique; il n'analyse jamais les processus mentaux sur lesquels sa pratique est basée, ne réfléchit jamais sur les principes abstraits impliqués dans ses actions. Chez lui, comme chez la grande majorité des hommes, la logique est implicite, non explicite: il raisonne comme il digère sa nourriture dans l'ignorance complète des processus intellectuels et physiologiques qui sont essentiels à l'opération et à l'autre. Bref, pour lui la magie est toujours un art, jamais une science; l'idée même de la science fait défaut dans son esprit non développé. C'est à l'étudiant philosophique de tracer le train de pensée qui sous-tend la pratique du magicien; tirer les quelques fils simples dont se compose l'écheveau emmêlé; désengager les principes abstraits de leurs applications concrètes; en un mot, discerner la science fictive derrière l'art bâtard.
mardi 30 janvier 2018
mercredi 20 décembre 2017
Un baptême en hélicoptère
Parce qu'on ne vit qu'une fois, la semaine dernière, j'ai ajouté une activité insolite à mon carnet de bord : j'ai en effet un baptême de l'air en hélicoptère. Ca s'est passé à Paris, et je dois dire que l'expérience m'a bien plu. Cela faisait déjà un moment que j'y pensais, sans jamais trouver l'occasion de me lancer (c'est fou ce que c'est chronophage, les enfants). Et une fois à bord, j'ai été assez surpris des différences qu'il peut y avoir avec un vol traditionnel en avion.
Tout d'abord, il faut savoir que dans un hélicoptère, on est moins confiné que dans un avion. On doit y mettre sa ceinture de sécurité comme dans une voiture, mais il n’est pas obligatoire de porter un casque. Cela dit, il est quand même préférable de le mettre si l'on veut entendre les conseils du pilote, parce que sinon, il faut sensiblement hausser la voix pour être entendu ! Mais passons au vol proprement dit. Côté sensations, le décollage n'a strictement rien à voir avec celui d'un avion. La machine s’élève en douceur, comme si elle était posée sur un coussin d’air. Puis l’hélicoptère fonce, museau en avant, et commence sa promenade. L'impression est, je dois dire, assez extraordinaire. Ça ne secoue pas du tout. Il n'y a que dans les changements de cap (quand l’hélico n’est plus parallèle au sol) que ça peut être désagréable. Mais le reste du temps, on a un peu l'impression de voler à bord d'un tapis magique. Mais la plus grande différence avec un avion, à mon sens, ça reste clairement la carlingue : il y a des vitres partout. Le cockpit ressemble en fait à un assemblage de vitres, ce qui permet d'avoir une vue panoramique à chaque instant. Le paysage s'étend donc à perte de vue, où que l'on regarde. Et ça, c'est vraiment ce qui rend l'expérience magique. Cela dit, si vous faites un jour un tour en hélicoptère, voici un conseil : regardez avec vos yeux plutôt que de perdre du temps à prendre des photos. Parce que les photos, en fin de compte, ne rendront jamais compte de la beauté du paysage.
Si vous souhaitez vous aussi tenter un tel baptême, je vous mets en lien le site où j'ai trouvé mon vol. Encore plus d'information sur cette expérience de vol en hélicoptère en allant sur le site internet de l'organisateur.
samedi 16 décembre 2017
Stratégie de prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires
D’une manière générale, la pression croissante des producteurs nucléaires en faveur de stratégies PLEX résulte de plusieurs facteurs : • la faible matérialisation de la supposée « renaissance » du nucléaire, qui se traduit hormis peut-être en Asie par un nombre clairement insuffisant de nouvelles constructions de réacteurs pour renouveller le parc, et renforce dès lors l’incitation à investir dans la prolongation du parc existant pour maintenir la capacité installée ; • le vieillissement global du parc de réacteurs, qui les rapproche de l’échéance de décisions sur la prolongation ou non de leur durée de vie. Le parc mondial a en fait franchi en 2013 le point de bascule symbolique où plus de la moitié des réacteurs en exploitation ont dépassé le cap des 30 ans de fonctionnement1 ; • l’incitation économique à investir dans la poursuite d’exploitation d’actifs qui sont déjà largement, voire intégralement amortis. Même si ce calcul dépend à la fois des montants à investir pour prolonger la durée de vie et des conditions du marché, cet investissement se présente a priori comme l’une des options les plus rentables à la disposition des exploitants, par rapport aux investissements dans différents nouveaux moyens de production. Certains vont jusqu’à voir dans la poursuite de l’exploitation de réacteurs amortis une rente dont ils appellent à ne pas se priver. Cette stratégie se heurte toutefois à d’importantes réserves. Une partie d’entre elles tournent autour de la stratégie de transition énergétique. À l’argument selon lequel cette prolongation génèrerait une rente précieuse pour financer l’évolution du système énergétique, et notamment le développement des énergies renouvelables, d’autres acteurs opposent l’idée que cet effet d’opportunité crée au contraire, en termes de bilan énergétique et de rentabilité, un frein voire un effet d’éviction vis-à-vis du développement d’alternatives. Cette discussion, bien qu’elle soit importante, n’est pas abordée dans le cadre de la présente étude.
jeudi 23 novembre 2017
Voler, c'est bien
I did it ! Le mois dernier, au terme de plusieurs mois à reporter sans cesse le moment, j'ai enfin fini par expérimenter mon vol en avion de chasse. Une aventure délirante. Je suis parvenu vers midi à l'aérodrome de Saint-Jacques-de-la-Lande (Rennes) où j'ai été réceptionné par l'instructeur, qui a près de 6000h de vol. Les autres sont arrivés quelques minutes plus tard : nous étions 3 à nous envoler ce jour-là. Nous avons suivi le briefing présentant l'expérience, les particularités de notre avion, les consignes de sécurité. Puis nous avons déterminé notre ordre de vol : ouf, j'allais passer en dernière position ! J'ai donc pu observer à loisir mes prédécesseurs pour voir leurs réactions à la sortie de l'appareil. L'un en est revenu souriant, l'autre le teint verdâtre. Apparemment, ce n'était pas pour tous les estomacs.
Avant que le second ne revienne, j'étais parti enfiler ma tenue de pilote. J'ai rejoint l'avion aux côtés du pilote. Premier sentiment : le Fouga Magister n'est pas aussi excitant qu'un authentique avion de combat. Et sa silhouette annonce qu'il n'est pas de première jeunesse (sa création remonte au début des années 1950, après tout). Cependant j'avais relevé assez de choses sur celui-ci pour garder à l'esprit que c'est un appareil d'entraînement, par conséquent adroit et qui offre de bonnes sensations une fois en vol. Je me suis hissé dans le cockpit et l'équipe m'a harnaché à mon siège, en me délivrant ses dernières règles. Finalement la verrière coulissante s'est fermée et l'avion s'est dirigé sur la piste de décollage. Après tous ces mois d'attente, j'y étais : je réalisais un vieux rêve...
L'envol s'est produit avec élégance. C'était bien moins brutal que ce que j'avais prévu. Nous avons attaqué par un vol d'observation. La verrière me donnait une vue imprenable sur le sol alentour. Un vol à basse altitude m'a permis de profiter ensuite de la sensation de vitesse. Grisant. Puis, quelques minutes plus tard, la phase tant attendue : le moment des acrobaties.
Le premier break a été un choc. J'ai senti que mes épaules étaient poussées contre mon siège. Une autre figure a instantanément enchaîné avec celle-ci. Pas le temps de retrouver ses esprits. Après quelques virages accompagnés de vrilles, je me suis senti perdre conscience et j'ai dû me contracter autant que possible pour prévenir l'arrivée du blackout. Une expérience impressionnante, et qui ne vous épargne pas ! Je suis sorti légèrement tremblant de l'appareil, mais je ne regrette en aucun cas ! En savoir plus en suivant le lien sur le site du spécialiste réputé de ce baptême en avion de chasse.
mercredi 22 novembre 2017
La Suisse et la « Lex Duvalier »
L’affaire Duvalier démarra en 1986 – au lendemain de la chute de l’ancien dictateur Haïtien – lorsque le nouveau régime en place adressa à la Suisse une demande d’entraide en vue d’identifier et de bloquer les avoirs de Jean-Claude Duvalier et de son entourage. À la suite des coups d’État qui s’étaient succédé en Haïti, les autorités haïtiennes n’avaient toutefois pas été en mesure d’apporter à la Suisse les éléments de preuve au soutien de leur demande, ce qui avait conduit l’Office fédéral de la justice à décider, le 15 mai 2002, à mettre fin à l’entraide. Cependant , afin d’éviter que les avoirs suisses des Duvalier – d’un montant de 7,6 millions de francs – ne reviennent à la famille de l’ancien dictateur, le gouvernement suisse procéda au blocage des fonds. Cette mesure politique sera d’ailleurs renouvelée à plusieurs reprises. Finalement, en décembre 2008, le Conseil fédéral a reconnu la nécessité de légiférer en la matière et chargea le Département fédéral des affaires étrangères d’établir un projet de loi visant à faciliter la restitution des avoirs illicites aux pays spoliés dans le cas des Etats défaillants. C’est dans le contexte que sera adoptée, en 2010 , la “loi fédérale suisse sur la restitution des valeurs patrimoniales d’origine illicite de personnes politiquement exposées”. Cette loi autorise les autorités suisses à confisquer, de manière autonome, des avoirs illicites (i.e. sans attendre un jugement de condamnation dans l’Etat d’origine), dès lors que l’Etat d’origine n’est pas capable de mener à son terme une procédure d’entraide judiciaire en raison de la défaillance de ses institutions. Sur cette base, le Tribunal Fédéral a ordonné la confiscation des avoirs de Duvalier, en décembre 2013, ouvrant ainsi la voie pour leur restitution au profit du peuple Haïtien. Cette loi (également connu sous le nom de « Lex Duvalier ») sera par la suite enrichie, afin d’appréhender d’autres situations de défaillance, telles que celles rencontrées dans le cadre du printemps arabe. Au final, en matière de grande corruption, les états d’origine n’engagent, le plus souvent, aucune action à des fins de recouvrement (ou bien ne parviennent pas à les mener valablement à leur terme). Aussi, les règles de partage figurant dans notre Code procédure pénale tout autant que les règles de restitution édictées par le CNUCC, n’ont quasiment jamais vocation à s’appliquer, ou bien, s’agissant des règles de partage prévues par notre Code de procédure pénale, lorsque celles-ci s’appliquent, ce n’est très vraisemblablement qu’au profit d’Etats tiers. En d’autres termes, la confiscation des produits de la grande corruption se trouvant en France, emporte, le plus souvent, transfert - le cas échéant total (confiscation autonome) ou partiel - de la propriété au profit de l’Etat français. Or, si l’on conçoit aisément que l’absence de gouvernance, voire l’état de défaillance des Etats d’origine, rendent (légalement) impossible le partage ou la restitution des avoirs illicites à leur profit : en revanche, rien ne justifie que les avoirs ayant fait l’objet d’une décision de confiscation ne soient pas mis au bénéficie des populations victimes, qui sont, rappelons-le, les premières victimes de la grande corruption. Toute autre solution ne peut que constituer une « double peine » ; les populations victimes payant en effet, non seulement pour la corruption de leurs élites dirigeantes, mais qui plus est, pour les dysfonctionnements de leur appareil judiciaire. D’où l’importante question de l’affectation des avoirs.
jeudi 19 octobre 2017
Les MST et la technologie
Information sur les maladies sexuellement transmissibles (MST) Par année aux Pays-Bas, on estime que plus de 100 000 personnes ont une IST. Certaines IST ont de graves conséquences si elles ne sont pas traitées à temps. Heureusement, la plupart des MST sont facilement curables. Les MST sont contagieuses. Vous pouvez avoir une STI sans que vous le remarquiez. De plus, vous pouvez passer une STI (inaperçu). Des exemples de MST comprennent la chlamydia, les verrues génitales, l'herpès génital, la gonorrhée, l'hépatite B et la syphilis, la trichomonase et le VIH, le virus qui cause le sida. Comment l'exécutez-vous? Les MST sont transmises par le sperme, le sang, le liquide vaginal et par contact entre les muqueuses. Des membranes muqueuses se trouvent dans l'anus, le pénis, le vagin et la bouche. La plupart des IST sont encourues par des rapports sexuels non sécurisés. Le sexe dangereux est: Relations sexuelles vagales sans préservatif. Relations sexuelles sans préservatif. Sexe orale (fellation et cunnilingus) sans préservatif ou barrière dentaire. Certaines MST sont également transmissibles par le sang. Ils peuvent résulter d'un tatouage ou d'un piercing non hygiénique. Ou si votre drogue utilise avec des aiguilles, des seringues ou d'autres attributs utilisés par un autre. Le VIH, l'hépatite B et la syphilis peuvent être transmis pendant la grossesse d'une mère à l'autre. Le VIH, l'hépatite B, la syphilis, la chlamydia, l'herpès génital et la gonorrhée peuvent être transmis pendant la naissance, le bébé. Une STI que vous n'obtenez pas en buvant de la tasse d'une autre. Vous ne recevez pas non plus de toux, de piqûres d'insectes ou d'un siège de toilette sale. Dans le pool, vous ne risquez aucun risque. Les symptômes et le traitement SOA donnent aux hommes et aux femmes, en général, aucune plainte. Ou ils sont si vagues que vous ne vous dérangez pas. S'il y a des plaintes impliquent habituellement: Décharge ou du pus du pénis, du vagin ou de l'anus. Chez les femmes, la séparation est souvent plus que d'habitude. La décharge peut être aqueuse, laiteux, jaunâtre ou verdâtre et l'odeur différemment Brûlures, irritations, douleurs pendant ou après la miction ou de petites quantités de miction. Les plaies, les verrues, les plaies sur le pénis, le vagin, l'anus ou la bouche. Démangeaisons dans les cheveux pubiens, le gland, la vulve ou l'anus Glandes gonflées dans l'aine. Douleur dans l'une ou l'autre (par exemple) balle. Douleur abdominale. Douleur pendant les rapports sexuels, ou saignement irrégulier ou anormal, par ex. Après les rapports sexuels ou entre les périodes menstruelles. Ces symptômes peuvent également être des symptômes d'autres maladies. SOA elle-même ne disparaît jamais. Si vous avez eu des rapports sexuels non protégés et que vous pensez avoir une IST, n'hésitez pas à la suivre. Les IST peuvent avoir des conséquences désagréables. Vous serez également contagieux pour les autres, si vous avez une infection à MST. En outre, le risque de contracter le VIH augmente si vous possédez déjà une IST. Par conséquent, il est important que vous vous rendez chez un médecin et que vous laissez les enquêtes. Dire que vous avez eu des rapports sexuels non protégés, le médecin sait qu'il doit vérifier les IST. Plusieurs raisons peuvent être de laisser un test STI: Il se peut que vous ayez eu des rapports sexuels dangereux, et vous craignez que vous soyez sur quelque chose. Même si le préservatif a éclaté pendant le sexe, vous craignez peut-être d'avoir une IST Il se peut que vous soyez alerté par un partenaire ou un ex-partenaire, qui a une IST et qui vous a peut-être été transféré. Les symptômes physiques après les rapports sexuels non protégés peuvent entraîner un test de MST. Les symptômes possibles chez les IST sont plus de décharge du vagin ou du pénis ou d'autres décharges que d'habitude, des cloques, des plaies ou des verrues sur ou autour des organes génitaux, des douleurs musculaires ou des douleurs abdominales, des saignements entre les périodes menstruelles de. Vous avez une relation stable et souhaitez avoir des relations sexuelles sans préservatif. Déterminer d'abord les risques que vous avez courus dans le passé. Pour vous assurer que vous et votre partenaire ne possédez pas d'IST, les deux peuvent être examinés. Vous êtes enceinte et vous voulez le risque d'éviter de transférer une IST à votre enfant. Une autre raison importante pour les tests de STI est la certitude de votre propre santé. Certaines MST sont une présence insidieuse. Si vous avez eu parfois des risques dans le passé, vous pouvez obtenir un test de MST et faire un test de dépistage du VIH. Lors d'un test de MST? Si vous avez eu des rapports sexuels non protégés ou que le préservatif est en panne, vous devez attendre au moins une semaine avec un test de MST . Après cette semaine, il est seulement judicieux d'être testé. Avez-vous des symptômes, aller chez un médecin. Un test de dépistage du VIH n'est que trois mois après avoir eu un sens sexuel non protégé. Il faut trois mois avant que des anticorps ne soient générés contre le VIH dans votre sang et votre médecin peut déterminer si vous êtes séropositif. Retrouvez toutes les infos sur l'agence en référencement naturel.
jeudi 12 octobre 2017
Le sentiment anti-français
Au regard des profils des "terroristes" qui ont frappé la France au cours de ces dernières années, il apparaît qu'un critère récurrent serait une origine d'Afrique du Nord, et plus spécifiquement des anciennes colonies ou protectorats français. Que révèle ce fait sur l'analyse des causes du terrorisme en France ? Et quelles sont les "causes " que cet élément permet de minorer ? Claude Robert : Il est difficile de tirer des conclusions universelles mais le fait est que l’analyse du profil de l’ensemble des terroristes qui ont frappé sur le sol français depuis l’affaire Merah montre qu’il y a une conjonction de plusieurs raisons au passage à l’acte. Parmi celles-ci, l’origine d’Afrique du Nord, principalement Maghreb, à l’exception du Mali. Comme le profil de ces terroristes est typique, stéréotypé, il est évident que nous avons affaire à un phénomène multi-causal. Et l’origine géographique semble de toute évidence faire partie des dimensions importantes. Etant consultant international, et pour avoir travaillé dans plus d’une vingtaine de pays (dont plus de la moitié en Afrique), je suis frappé de la vitesse à laquelle, juste en arrivant dans une "ancienne colonie" ou un "ancien protectorat", le comportement des gens à l’endroit des Français trahit instantanément la qualité de l’historique qui les lie à l’hexagone. A la réaction des gens dans la vie quotidienne, très vite, il est facile de déterminer si cet historique a été "digéré", accepté, s’il est considéré comme positif, s’il est encore mêlé de ressentiment, ou carrément s’il est vécu sur le mode amour/haine. Car il existe bel et bien un contentieux avec certains pays, et l’origine très localisée des terroristes n’est vraiment pas surprenante. Mais ce n’est bien évidemment pas le seul critère, car ce processus de passage à l’acte semble très complexe, hélas… Pierre Vermeren : J'ajouterai une autre caractéristique : la quasi-totalité d'entre eux ont pratiqué d'une manière ou d'une autre la délinquance. Et dernière caractéristique : ils sont très souvent issus de milieux très défavorisés et en situation sociale périlleuse. On est très loin des ingénieurs qui ont préparé et réalisé le 11 septembre, qui étaient des Égyptiens ou des Saoudiens de milieux familiaux plutôt aisés et de milieux culturels plus élevés. C'est un profil radicalement inverse. Ce sont des enfants d'immigrés de 2e ou 3e génération, très pauvres… qu'il ne faut pas confondre avec les recruteurs. C'est une erreur assez commune. Avec de tels profils, de personnes ignorant l'islam voire ignorant la culture arabe et qui n'ont la plupart aucun accès à la langue arabe à part quelques bribes d'arabe dialectal, on peut constater la fausse route empruntée par l'idée de la déradicalisation. Car il y a ignorance de la religion mais en revanche une manipulation par de bons connaisseurs – gourous ou idéologies salafistes On confond ici la cause, qui est l'Islam politique révolutionnaire au Moyen-Orient et Maghreb, et ses dérives, avec le matériau humain qui est utilisé et manipulé et a une autre histoire, celle de la délinquance, de la pauvreté, de la drogue, celle des origines familiales, l'absence de culture etc. La question de l'origine des terroristes me semble être une fausse route. Les jeunes musulmans en France sont quasiment tous originaires du Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc). Cela reflète la population des banlieues en France. Il y a quelques exceptions avec Amedy Coulibaly qui est originaire du Mali. On trouvera peut-être un Comorien ou un Turc, mais la masse restera maghrébine dans des pays comme la France, la Belgique, l'Espagne ou les Pays-Bas où ils sont majoritaires. Et on voit d'ailleurs qu'en Angleterre, où l'immigration musulmane est majoritairement issue de l'Inde et du Pakistan, ce sont des personnes issues de ces pays qui passent à l'acte. Les gens qui construisent ces réseaux ou qui les manipulent agissent en opportunité. Ils savent très bien que ces jeunes en difficulté sociale, matérielle, facilement manipulables sont à disposition pour eux. Ils en font des bombes humaines ou autres.
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